segunda-feira, 14 de setembro de 2015

La Chose publique

3 NOVEMBRE 2006 À 23:56

LOUIS SKORECKI

Des idées, le cinéaste Mathieu Amalric en a à revendre. Son seul problème, c'est que l'acteur Amalric lui fait de l'ombre, ne le laissant pas tourner autant qu'il le voudrait. En tout cas, c'est ce qu'on se dit à chaque fois qu'on revoit l'un de ses trois films de cinéaste (Mange ta soupe, le Stade de Wimbledon, la Chose publique), des films habités par un désir têtu mais modeste d'inventer, regard par regard, geste par geste, plan par plan, ce qu'on appelait autrefois du «cinéma». Avec un sujet et de la matière comme aurait dit l'ami Biette, l'un des seuls maîtres de cinéma du jeune Amalric.

Daté 2003, la Chose publique est le dernier film d'Amalric cinéaste. Il n'a ni l'éclat, ni le tranchant de Mange ta soupe, sa rigolote autofiction romancée.

Il n'a pas non plus l'étrangeté sensuelle du Stade de Wimbledon. Disons qu'il est plus expérimental, ce qui est pour moi le plus grand des compliments. Qui ne cherche pas ne trouve pas, aurait dit Picasso s'il était cinéaste et qu'il avait 30 ans. La Chose publique parle de télévision, ou plutôt prend la télévision comme décor, ce qui est excitant en ces temps d'amnésie et de bêtise où personne ne se rappelle que Lumière a inventé la télé, et pas le cinéma comme le croient les crétins. Un acteur en remplace un autre, un personnage se sédimente, où va-t-on ? On ne sait pas. Mais, avec Jean-Quentin Chatelain, Anne Alvaro, Michèle Laroque, Bernard Menez, on y va. Et bien.

SKORECKI Louis

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