quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«La dernière fanfare»: La politique, univers impitoyable vu par Ford

Par Louis SKORECKI — 27 avril 1995 à 02:41

CINE CINEFIL, 0h50. «La dernière fanfare»

Dans la dernière partie de sa vie, John Ford a mis au point un cinéma énigmatique, qui possède une force tranquille très américaine. La Dernière fanfare (The Last Hurrah), qu'il réalise en 1958 dans un noir et blanc imperturbable, est un de ces films à la complexité inouïe qui nous offre une radiographie inédite de la plus grande démocratie du monde.

L'histoire se passe dans une ville animée de la Nouvelle Angleterre. Frank Skeffington, le maire, brigue un cinquième mandat. Pour jouer cet homme fidèle à la tradition des campagnes électorales à l'ancienne, John Ford a choisi Spencer Tracy dont l'éloquence et la roublardise font ici merveille. C'est à travers les yeux d'un jeune journaliste sportif, Adam Caufield (Jeffrey Hunter), que Ford va raconter la saga de cette campagne électorale.

Caufield est venu voir Skeffington parce que celui-ci est son oncle; il ne se doute pas que Skeffington va lui proposer de suivre «le sport le plus populaire de tous, la politique». Pour le convaincre, Skeffington insiste sur le fait que c'est peut-être la dernière occasion de suivre une campagne électorale traditionnelle, avant l'intervention de la télé et de la radio.

Adam Caufield va s'embarquer pour un voyage plein de bruit et de fureur, où les haines sont tenaces. Il verra comment Skeffington parle à ses électeurs un à un, comment ses ennemis (parmi lesquels un John Carradine étonnant) cherchent à avoir sa peau. Un monde est en train de mourir et Ford nous en offre une dernière photographie, sèche et sans appel.

Louis SKORECKI

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