segunda-feira, 7 de setembro de 2015

La Dérobade

LOUIS SKORECKI 15 JUIN 2006 À 21:26

CINE CINEMA AUTEUR, 2 h 15.

Rappeler que Daniel Duval a été un maillon fort dans la distinction entre ce qui est «mauvais» (le naturalisme) et ce qui est «bon» (l'antinaturalisme). Pourquoi l'un est bon et l'autre mauvais, on a oublié. C'est bien, c'est mal, c'est comme ça. Comme j'oublie moins vite, je dirais : Renoir est mauvais, Bresson est bon. C'est un mauvais résumé (Renoir a aussi été antinaturaliste), mais c'est un résumé. C'est déjà ça. Duval, grand naturaliste, est à la recherche de la sensation vraie. Il a réussi (le Voyage d'Amélie, l'Ombre des châteaux), à prouver que naturalisme et poésie pouvaient faire bon ménage, et même qu'ils pouvaient faire de beaux films.

La Dérobade est moins convaincant (plus de concessions au casting, au scénario, à la mise en scène), mais il emporte le morceau. Il n'est pas indigne de Pialat. Les tremblements intérieurs de la belle Maria Schneider, la violence des autres acteurs : autant de gifles qui ne s'oublient pas. Miou-Miou n'a pas oublié ces gifles-là. Elle a tort, même si elle a raison.

Ça me fait penser à ce crétin de Guy Marchand, citant ses cinéastes préférés (Miller, Tavernier) et oubliant exprès le beau film qu'il a fait avec Pialat (Loulou). Le cinéma n'est pas gentil. Ne pas l'oublier. Ne pas oublier non plus que Daniel Duval a fait un nouveau film, un film inattendu, dans la belle veine de la Dérobade. Le film s'appelle Soleil noir, il est beau. Comme toi, Daniel Duval. Continue, on t'aime.

SKORECKI Louis

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