quinta-feira, 10 de setembro de 2015

La Femme au portrait (2)

par Louis SKORECKI

ARTE, 23 h 50

Pas le plus beau Lang, mais l'un des plus accessibles. Il ne divise pas, il réunit. Impossible de ne pas l'aimer. Très Lévinas, en un mot. Lourcelles : «Ce fut longtemps le seul Lang des années 40 à trouver grâce auprès de la critique. Il occulta même des oeuvres plus importantes comme Ministry of Fear, The Secret Beyond the Door, House by the River. Ce succès critique est dû à la lenteur du récit ; au jeu "psychologique" d'Edward G. Robinson dans le rôle d'un quinquagénaire victime du démon de midi ; et à un dénouement surprise qui fit couler beaucoup d'encre.»

Tout le film n'a été qu'un rêve. Un cauchemar, plutôt. «Le plan de la fin est l'un des plus ingénieux que j'aie vus», raconte le scénariste Nunally Johnson, «il était génialement réalisé, et sans coupure. Robinson portait des vêtements détachables, et, pendant les quelques secondes du gros plan, un assistant rampait sous la caméra et les lui retirait, le laissant dans le costume qu'il portait au moment où il s'était endormi.»

Quand Lang fait son travelling arrière final, pré-Antonioni en diable, on retrouve Robinson dans son club. Disparue, la chambre sordide où il vient de s'empoisonner pour en finir avec sa chienne de vie. L'effet est saisissant. Comme si Lang se faisait à la fois Preminger (la rêverie masturbatoire de Laura) et Cocteau (l'acteur avance vers la caméra, pas l'inverse).

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