quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

La Fièvre dans le sang. France 2, 23 h 55.

LOUIS SKORECKI 24 JANVIER 1997 À 15:30

Présenté par l'excellent Frédéric Mitterrand (que Gonzague Saint-Bris cherche vainement à imiter sur Téva), voici l'un des deux meilleurs films d'Elia Kazan, un théâtreux excessif venu de l'Actor's Studio faire des ravages au cinéma (mais on peut lui reconnaître d'avoir quasiment lancé James Dean et Marlon Brando, ce qui n'est pas rien). Plus connu sous son beau titre original, Splendor in the Grass, la Fièvre dans le sang est, en 1961, la seconde incursion de Kazan dans le mélodrame flamboyant, la première remontant à l'année précédente avec le Fleuve sauvage (Wild River), de loin son chef-d'oeuvre de démesure et d'amour, avec le plus beau couple de l'histoire du cinéma selon Marguerite Duras (qui voyait souvent juste), Lee Remick et Montgomery Clift. Ils y rivalisaient en regards bleus délavés dans cette saga rappelant étrangement Barrage contre le Pacifique (Jo Van Fleet incarnant ici la mère démente de la Duras en folie, le Mississippi remplaçant avantageusement l'Indochine).

La Fièvre dans le sang raconte les amours contrariées de Nathalie Wood et Warren Beatty en 1929 dans une petite ville du Kansas. Ils sont jeunes, ils vont au collège, ils s'aiment. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si le père de Bud (Warren B.) n'était pas un riche exploitant de pétrole et celui de Deanie (Nathalie W.) un actionnaire ordinaire. Bud se soumet à l'autorité parentale et accepte de ne pas épouser son amoureuse. Sa soeur, Ginny, jouée par la sublime Barbara Loden (Mme Kazan à l'époque et l'auteur d'un film unique et magnifique, Wanda), est acculée au suicide. On suit donc, au fil des ans, ce qui reste d'une passion de jeunesse, Bud finissant par épouser une Italienne, Angelina (Zohra Lampert), tandis que Deanie, soignée en clinique psychiatrique, tombe amoureuse d'un autre malade.

C'est une belle saga heurtée, nerveuse, légèrement hystérique, qui rachète les années de théâtre filmé de Kazan, d'Un tramway nommé désir à America, America, en passant par Baby Doll.

SKORECKI Louis

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