quinta-feira, 10 de setembro de 2015

La Flèche brisée (2)

LOUIS SKORECKI 5 JUILLET 2006 À 21:51

Pas besoin d'invoquer le progressisme pro-indien du film pour en dire du bien. Ça peut servir à faire passer les Cheyennes, l'atroce navet terminal de John Ford, pour un beau film, mais Delmer Daves n'en a pas besoin. Ne pas oublier que dans ses jours de jeune scénariste, il a écrit pour Leo McCarey, avec sa fougue séminariste, les dialogues d'Elle et lui. Pas seulement celui de 1957 (An Affair to Remember en VO), qui n'est que la seconde version d'un scénario parfait, idolâtré à juste titre par les pédés du monde entier, mais surtout celui de la version originale (Love Affair, 1939) avec la très grande Irene Dunne et le très beau Charles Boyer. Rien que pour cela, il lui sera beaucoup pardonné. Il lui sera même tout pardonné.

Jeff Chandler tient ici son rôle habituel de Peau Rouge (comme chez Douglas Sirk), et Debra Paget est aussi irrésistible, aussi sublime, aussi déplacée en indienne aux yeux bleus, qu'elle le sera en indienne d'Inde dans le Tigre du Bengale et le Tombeau Hindou, le chef-d'oeuvre à deux têtes de Fritz Lang. Honnêteté à tous crins, générosité à fleur de peau, sens inédit de l'hospitalité et du sacrifice (un vrai programme pour les groupies d'Emmanuel Lévinas) . Disons qu'on est au bord d'une rivière dont on ne se lasse pas de voir couler l'eau. Il y a chez Daves un extraordinaire mélange de documentaire et de rêverie, dit Lourcelles. Il a raison, cent fois raison.

SKORECKI Louis

CINéCINéMA CLASSIC, 19H10.

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