quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

La Maison de la 92e rue. Ciné Cinéfil, 9h30.

03/01/1997 à 16h33

SKORECKI Louis

Henry Hathaway, qui signe cet excellent thriller d'espionnage, est un curieux cinéaste. Pas un auteur au sens où les Cahiers du Cinéma l'entendaient en 1958, plutôt un artisan du film de genre, spécialiste reconnu du portrait elliptique. Né en 1898, il nous laisse une bonne cinquantaine de films nerveux, souvent pessimistes, toujours efficaces . De son oeuvre un peu oubliée (qui court de 1932, avec Heritage of the Desert, à Quand siffle la dernière balle en 1974), on retiendra surtout les Trois lanciers du Bengale (1935) et l'Attaque de la malle poste (1951), un très curieux western en huis clos.

On peut s'émouvoir aussi du surréalisme sauvage de Peter Ibettson (1935), un film qu'André Breton adorait , apprécier la violence stylisée de deux polars néo-fantastiques comme The Dark Corner (1946) ou Kiss of Death (1947, avec un fabuleux Richard Widmark en tueur fou), voire redécouvrir la belle prestance d'une série de westerns qui commencent avec huit films de jeunesse (1932-1934) starring le beau Randolph Scott, et se poursuivent avec le Jardin du diable (1954), la Fureur des hommes (1958), le Grand Sam (1960), pour finir avec Nevada Smith (1966) et surtout True Grit (1969), le dernier film correct de John Wayne.

La Maison de la 92e rue est en 1945 l'un des plus remarquables thrillers d'Hathaway. Mélange de film d'espionnage, de documentaire, de film noir, il raconte en scènes hachées l'histoire réelle d'un agent du FBI qui réussit à infiltrer en 1939 le réseau des nazis qui opéraient aux USA. Derrière le patriotisme un peu ringard de l'intro, se cachent des trésors d'invention (les scènes de rue font irruption pour la première fois dans le polar hollywoodien) et une habile reconstitution des faits. Les derniers plans sont admirables de perfection stylisée, avec deux agents du FBI posant en gangsters expressionnistes irréels. A dix ans, Hathaway faisait l'acteur dans les films d'Allan Dwan. Il a sans doute retenu la leçon de ce grand maître, seul héritier avec Raoul Walsh de DW Griffitth.

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