quinta-feira, 10 de setembro de 2015

La Mouche noire (2)

LOUIS SKORECKI 10 OCTOBRE 2005 À 04:01

Cinécinéma classic, 18 h 10

Jacques a été vu du côté de Bercy, une douzaine de jours après l'inauguration de la Cinémathèque flambant neuve de Berri et Toubiana. Du moins c'est ce qu'on dit. Bizarre que nous, on ne l'ait pas vu, on ne loupe aucune séance. La Mouche noire, on ne s'en est pas remis. Elle occupe toutes nos conversations. Cronenberg est vraiment passé à côté, répète Caroline pour la dixième fois. Bien d'accord, je réponds, l'original vaut mille fois le remake de Cronenberg. Qu'est-ce qu'en aurait pensé Jacques ? demande Caroline. J'essaye de l'imaginer, il arrive, il est là. Drôle de film, aurait-il dit, c'est une série B de grand luxe, un truc rarissime dans l'histoire du film de genre. J'aurais répondu que je me fichais complètement de la généalogie du film de genre, que c'était précisément ce genre de considérations cinéphiliques qui nous menait droit dans le mur. Mais on est dans le mur, aurait dit Jacques sur ce ton légèrement décalé que j'aimais tant. Une série B ou pas une série B ?, aurait redemandé Caroline. On aurait répondu qu'on s'en foutait et que seul l'argument du film tenait la route. Quel argument ?, aurait demandé Caroline. Jacques aurait dit que tout partait d'une image, une seule, celle de la mouche qui criait au secours. Et l'homme à tête de mouche dégoûtante, tu en fais quoi aurait demandé Caroline. Anecdotique, aurait répondu Jacques, c'est déjà du Cronenberg.

On est là, en train de rêver à des dialogues avec Jacques quand une voix familière nous fait changer de trip. La Mouche noire, dit la voix, c'est l'histoire d'un homme fragmentaire. C'est monsieur Bruno qui s'invite à la conversation. L'étrangeté du film, dit-il, c'est ce mélange inédit d'horreur et de familiarité. Un peu Jack Arnold, je dis. Horreur domestique, répond monsieur Bruno . Il fait les poussières, et il balance d'un coup dans l'horreur-Lovecraft. Il est fort quand même, ce monsieur Bruno.

SKORECKI Louis

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