segunda-feira, 7 de setembro de 2015

La Salamandre

12 JUILLET 2006 À 21:56

LOUIS SKORECKI

Si je choisis aujourd'hui ce film daté de Tanner, cinéaste suisse désuet (en Suisse, tout vieillit vite, Godard, Dindo, ou Reusser en savent quelque chose), c'est qu'il a eu en son temps une importance «sociologique». Ça y est, Skorecki, tu t'y mets. Tu te mets toi aussi à ces saletés de guillemets. Tu as honte de tes propres mots pour les mettre à distance comme ça ? Ils sentent mauvais, c'est ça ? Vous n'y êtes pas, petits crétins. Si je veux mettre «sociologique» entre guillemets, ça me regarde. C'est entre moi et moi, et basta !

Distance il y a. Distance il y aura. Odeurs, miasmes, saleté de passé. Il ne s'agit que de cela dans ce film, l'un des rares machins d'auteur à avoir marqué son époque, et à avoir rapporté des sous à Diamantis.

Qu'en reste-t-il ? Reste ce que le souvenir emporte avec lui. Un peu Jean-Luc Bideau et Jacques Denis, beaucoup Bulle Ogier. Bulle Ogier en vendeuse de chaussures, en fourreuse de saucisses en usine. De toute façon, il reste toujours Bulle Ogier. Des journées entières dans les arbres (Duras), le Pont du Nord (Rivette), Pierre et Paul (Allio), Paulina s'en va (Téchiné), Mon Cas (Oliveira) : à chaque fois, c'est leur meilleur film. Ne pas oublier la Troisième Génération (Fassbinder) et Candy Mountain (Robert Frank), deux des trois derniers auteurs du siècle dernier. Bulle Ogier est-elle une fée ? Une sorcière ? Une princesse ? Choisissez le mot qui vous plaît. Sans guillemets.

SKORECKI Louis

CINéCINéMA AUTEUR, 20 h 45.

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