quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«la série des Sagas»: Le charme discret des grandes séries anglaises

18/02/1995 à 01h01

SKORECKI Louis

Le charme discret des grandes séries anglaises

M6, samedi 12h55, séries

Chaque samedi, M6 enchaine les feuilletons-culte dans «la série des Sagas». Les passionnés des séries télévisées prolongeront leur soirée avec un ouvrage consacré aux grandes séries britanniques.

On peut aimer se perdre dans la Saga des séries. Cette émission programme le samedi à partir de 13 heures sur M6 une belle sélection d'oeuvres indispensables. La semaine dernière, M6 passait encore les Champions. Cette semaine, elle programme Chapeau melon et bottes de cuir et Amicalement vôtre. Ce sont trois séries anglaises. Veut-on en savoir plus? Huitième Art publie un ouvrage essentiel, les Grandes Séries britanniques, qui nous renseigne jusqu'à plus soif.

Cette même maison d'édition a également fait paraître deux somptueux volumes sur Chapeau melon et bottes de cuir et Amicalement vôtre. Mais pour celui qui veut commencer une collection, les Grandes Séries britanniques, de Jacques Baudou et Christophe Petit, est une excellente introduction.

On y apprend que Chapeau melon et bottes de cuir (1961-69), qui a tenu l'antenne pendant six saisons et 161 épisodes, a commencé en noir et blanc en racontant les aventures d'un médecin qui recherche les assassins de sa fiancée. John Steed, alias Patrick Macnee, était déjà de la partie.

Et puis Patrick Macnee a eu deux partenaires épisodiques, une blonde du nom de Venus et un autre médecin, le docteur King, avant de s'associer à celle qui fera avec lui la renommée de la série, Cathy Gale, autrement dit Honor Blackman. Pour juger du charme de ce duo d'enfer, il faut se procurer les vidéos en version originale car la France ne les a jamais programmées. C'est seulement en avril 1967 que l'ORTF nous régale de treize épisodes en noir et blanc de la série avec Patrick Macnee et Diana Rigg.

Jeu décalé Pour beaucoup de téléphiles, c'est ce couple-là qui résume le mieux l'esprit de la série, le flegme britannique de Steed étant parfaitement accordé à la distance ironique de Madame Peel.

Quand Diana Rigg s'en ira, Linda Thorson la remplacera dans le personnage de Tara King qui a une complicité plus sentimentale avec Steed.

Le livre de Jacques Baudou et Christophe Petit nous apprend qu'une des séries favorites des Français, Amicalement vôtre , a été un échec commercial retentissant aux Etats-Unis, ce qui a écourté sa carrière. Il n'y a en tout et pour tout que 24 épisodes, c'est-à-dire une seule saison, qui datent de 1971-1972.

Constamment rediffusées, les aventures de Danny Wilde et Lord Brett Sinclair se laissent voir et revoir avec le plaisir désuet d'une époque insouciante. Le jeu contrasté et décalé de Tony Curtis et Roger Moore est pour beaucoup dans le charme entêtant de cette série.

Entre 1959 et 1961, les Anglais produisent 26 épisodes noir et blanc de l'Homme invisible.

Pour ceux qui l'ont oubliée, le livre nous rappelle la confession du héros: «Je m'appelle Peter Brady. Depuis quelques années, je poursuis des recherches qui devraient nous faire faire un grand pas vers la connaissance de l'être humain. Dans mon laboratoire, où je travaille nuit et jour, je cherche à percer le mystère des molécules. Il y a à peine quelques heures, j'ai touché du doigt ce que je cherche depuis des années, alors que je procédais à une expérience de pure routine. Je ne pouvais évidemment pas prévoir ce qui allait m'arriver.»

26 séries recensées On en arrive à Destination danger (1964-1966), première série jouée par Patrick McGoohan, qui est une sorte de James Bond asexué et presque puritain. Des aspects qui se retrouveront dans le Prisonnier (1967-1968), la série-culte par excellence: le livre lui consacre douze pages superbement illustrées.

Les Sentinelles de l'air (1965-66), chef-d'oeuvre de science fiction joué par des marionnettes, est dû à un homme de télévision exceptionnel, Gerry Anderson, qui produira dix ans plus tard (1975-1977) le très curieux Cosmos 1999. Interprété par les deux vedettes de Mission impossible, Martin Landau et Barbara Bain, ce space opera se passe sur la lune et se regarde avec un effet kitsch assuré.

Le livre recense vingt-six séries et propose un mode d'emploi pour mieux les aborder. On retrouve les Champions, le Saint, Monthy Python, l'Inspecteur Morse, et le style simple et modeste permet de se promener parmi quelques-unes des plus belles séries jamais réalisées.

Louis SKORECKI

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