segunda-feira, 7 de setembro de 2015

La Soif du mal

CINéCINéMA Classic, 12 h 40

Par Louis SKORECKI

Ne jamais oublier que Welles est un cinéaste du passé. Déjà de son vivant, on préférait son précédent film à celui qu'il venait de faire. C'était un cinéaste destroy, un has-been encombrant, et il le savait. Il souffrait d'être celui qui déçoit à chaque film, jusqu'à ne plus pouvoir en faire, des films, et se résoudre à bricoler dans sa cuisine des chefs-d'oeuvre inachevés (selon ses fans) ou des navets (selon moi).

En 1957, quand il tourne la Soif du mal, c'est un homme fini. Trop gros, trop usé (il n'a pourtant que 42 ans), lâché par Hollywood, il ne réussit à faire ce polar métaphysique que grâce à l'insistance de Charlton Heston, qui l'impose aux producteurs. Il n'avait fait que sept films avant, il en tournera cinq autres (dont deux merveilles, Falstaff, en 1966, et surtout Filming Othello, en 1979), avant de dire adieu à la compagnie des hommes.

On connaît tout de ce film culte. Orson Welles en flic pourri, bouffi, méconnaissable ; Marlene Dietrich en pute ; Charlton Heston en flic mexicain ; Janet Leigh en épouse terrorisée, dans un motel qui inspirera Hitchcock pour Psychose ; le charme rastaquouère du bandit Akim Tamiroff.

Ce qu'on connaît moins, c'est le système baroque du film, qui est aussi celui de M. Arkadin (1955). Notez : «J'appelle baroque l'étape finale de tout art lorsqu'il exhibe et dilapide ses moyens.» C'est de Borges, cité par Lourcelles. Merci l'ami.

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