segunda-feira, 14 de setembro de 2015

La Tête d'un homme

16 AOÛT 2006 À 22:57

LOUIS SKORECKI

Il fut un temps où Simenon écrivait au présent. Ses livres sortaient, on les lisait, on les oubliait. Des années plus tard, on oubliait même où on les avait mis. Les avait-on jetés ? Sans doute. Les cinéastes aussi ont filmé au présent. Leurs films sortaient, on allait les voir, on les oubliait. Des années plus tard, on oubliait même qu'on les avait vus. C'était dans quelle salle déjà ? Avec Marcel ? Avec Paulette ? Le petit était né ? Tu sais, je ne suis pas sûr que je l'ai vu, ce film. Tu ne confonds pas avec ce truc avec Gabin ?

Les films sont faits pour être vus et oubliés. Ne pas oublier qu'en 1932, quand sortent les deux premiers Maigret, la Tête d'un homme (Duvivier) et la Nuit du carrefour (Renoir), Simenon venait juste de les publier. Qui va faire Maigret ? Pourquoi pas Harry Baur, ce Raimu noir, démesuré, tragique ? Renoir préfère donner le rôle à son frère aîné, Pierre. Pierre Renoir fait un Maigret malin, bucolique, léger. Harry Baur est plus massif, plus inquiétant. En ce temps-là, tout va vite. Ne pas oublier que ce sont des romans de gare, des films pour spectateurs pressés. Tu as pris ton sandwich ? Ton imperméable ? Ne pas oublier les mots des pauvres gens. Il va peut-être pleuvoir, surtout ne prends pas froid. Et les films ? Noirs, élégants, nuancés. En ce temps-là, on savait se tenir.

SKORECKI Louis

Nenhum comentário:

Arquivo do blog