segunda-feira, 7 de setembro de 2015

La vérité si je mens 2

LOUIS SKORECKI 2 OCTOBRE 2002 À 01:16

TPS Star, 21 h 05.

Résumé du chapitre précédent. Julie et Gaston dînent au Train bleu quand Dylan Sitbon surgit inopinément, se mêlant à leur conversation plutôt morne. Il insiste (que ne ferait pas Dylan Sitbon pour se faire remarquer ?) sur les rapports entre La vérité si je mens et le Dîner de cons, envisagés d'un strict point de vue talmudique.

Gaston. ­ Pas si strict que ça, ton commentaire talmudique, si tu mêles Houellebecq à ton raisonnement, comme tu t'apprêtais à le faire.

Dylan. ­ Le Houellebecq d'Interventions, attention, pas celui de sa découverte de l'amour chez les masseuses thaïlandaises.

Julie. ­ Interventions, c'est le recueil d'essais paru il y a trois ou quatre ans chez Flammarion ?

Dylan. ­ Oui, c'est gé-nial. Ce qu'il dit du second degré, ça résume le concept de La vérité si je mens mieux qu'un vendeur de merguez chez Ardisson.

Julie. ­ Il dit quoi sur le second degré, Houellebecq ?

Dylan. ­ «Il est évident que l'efficacité et l'intensité de la communication diminuent et tendent à s'annuler dès l'instant qu'un doute s'installe sur la véracité de ce qui est dit, sur la sincérité de ce qui est exprimé.»

Gaston. ­ Pfftttt.

Dylan. ­ Et il ajoute : «Imagine-t-on, par exemple, une science au second degré ?»

Gaston. ­ Pffffttttttt.

Dylan. ­ Il parle aussi de l'impossibilité de la conversation.

Gaston. ­ Là, il a raison.

Dylan. ­ «Comme si l'expression directe d'un sentiment, d'une émotion, d'une idée était devenue impossible, parce que trop vulgaire.»

Julie. ­ Là, c'est intéressant.

Dylan. ­ «Tout doit passer par le filtre de l'humour, humour qui finit bien entendu par tourner à vide et par se muer en mutité tragique.»

Gaston. ­ Ton père aurait honte de toi s'il t'entendait.

Dylan. ­ Laisse mon père où il est.

Gaston. ­ Dans la bouche de Régine, en train de lui refaire les molaires.

Dylan. ­ C'est pas Régine, c'est Régine Deforges.

Gaston. ­ C'est pareil.

Dylan. ­ De toute façon, c'est les incisives de Bigard qu'il refait.

Gaston. ­ L'humoriste ou le mutant tragique ?

Julie. ­ Vous m'énervez. Vous m'énervez. Et La vérité si je mens dans tout ça ?

Dylan. ­ Mais c'est ça, La vérité si je mens.

Julie. ­ Le 1 ou le 2 ?.

(A suivre)

SKORECKI Louis

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