segunda-feira, 7 de setembro de 2015

L'Anglaise et le Duc

CINECINEMA AUTEUR, 16 h 40

Par Louis SKORECKI

Que penserait le jeune Rohmer de l'Anglaise et le Duc ? Oui, Jeanne ? Il adorerait, j'en suis sûre. Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Je suis une sentimentale, je devine ces choses-là. Sentimentale, tu veux rire, tu couches avec tout ce qui bouge au lycée. Pas avec vous, monsieur. C'est vrai, Jeanne. Le jeune Rohmer, qu'est-ce qui te fais dire qu'il aimerait ce film tardif du vieux Rohmer ? J'ai l'impression qu'il n'a jamais été jeune, pour commencer. Pas bête. Quoi encore ? Le film est vieillot, comme lui. Est-ce un film de cinéma ? De cinéma filmé, vous voulez dire ? Si tu veux. Jeanne hésite. Un long soupir. Oui, c'est du cinéma filmé.

Tu sais ça d'où, Jeanne ? Je viens de ce pays-là, le pays du théâtre. Dis m'en plus, Jeanne. Je suis sûre que Rohmer n'a jamais aimé que le théâtre. A quoi tu vois ça ? L'amidon, les costumes, la raideur. Bien vu, Jeanne. J'ai l'oeil perçant, monsieur. Sans aller au cinéma, on saurait ce qu'est le cinéma, c'est ça ? Oui, monsieur. Rohmer n'aurait aimé du cinéma que son hors champ, le théâtre ? Oui, monsieur. Depuis toujours, il n'aurait aimé que ce qui est en dehors du cinéma ? C'est ça, monsieur. Le pur cinéma de Murnau, tu en fais quoi ? Il n'y a rien de pur au cinéma, c'est vous qui nous l'avez dit, monsieur. Rohmer serait aryen, alors ? Evidemment. Le théâtre keatonien, la frigidité précoce ? C'est ça, monsieur, c'est ça.

Je t'aime, Jeanne.

Merci monsieur.

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