quarta-feira, 2 de setembro de 2015

L'Armée des ombres (2)

CINéCINéMA CLASSIC, 22 h 50.

Par Louis SKORECKI

Pas de truands, disait-on, dans ce Melville atypique. Que des résistants et des traîtres. Qui ne se soucierait pas de genre cinématographique (une espèce de spectateur en voie de disparition), verrait qu'il s'agit malgré tout d'un polar melvillien comme un autre. Mêmes codes de l'honneur, même raideur des corps, mêmes impers cintrés, même rigueur. Au fait, c'est quoi, la «rigueur» chez Melville ? Disons que c'est quelque chose d'inattendu, un précipité d'émotions qui amidonne l'âme et le corps, une certaine hauteur de vue, une belle animation antinaturaliste et pré-bressonienne que certains n'ont appris à aimer, malgré ses partis pris étranges et radicaux, qu'après que les Américains se furent entichés de Melville.

Ne parlant pas le français, ces stylistes superficiels (Woo, Tarantino) ont cru pénétrer le système Melville alors qu'ils demeuraient à la surface. N'entrent ici que les résistants du cinéma, les Jean Moulin de l'âme. Ceux qui vont à l'essentiel, sans détour.

Se rappeler de la mort de Simone Signoret, sur ordre de son supérieur (Paul Meurisse). Jamais un crétin comme Tarantino n'approchera, de près ou de loin, de telles évidences feutrées. Sécheresse, vérité, refus de l'effet facile ou du raccourci qui rallonge. Lino Ventura n'a jamais été aussi bien. On tue pour la France, en silence. Le reste n'est que bavardage.

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