quarta-feira, 2 de setembro de 2015

L'Armée des ombres

CINECINEMA CLASSIC, 15 H 10.

Par Louis SKORECKI

Pas de truands dans ce Melville atypique. Rappeler qu'à la sortie de la guerre le résistant Grumbach décide de conserver le pseudonyme qu'il utilisait dans la clandestinité, «Melville», choisi pour son amour de l'auteur de Moby Dick. Ce sera son nom de cinéaste. Dans l'Armée des ombres (1969, trois ans avant son chef-d'oeuvre, Un flic ), il n'y a que des résistants ou des traîtres. A y regarder de près, pourtant, c'est un polar melvillien comme un autre, avec les mêmes codes, la même morale, la même raideur (des corps, des personnages), les mêmes vêtements cintrés, les mêmes imperméables, la même rigueur.

Qu'est-ce qui change ? Pas grand-chose. Il y a encore plus de raideur, comme si la rigueur amidonnait le corps des personnages, joués avec une belle hauteur antinaturaliste (et antiromantique) par Simone Signoret, Paul Meurisse et Lino Ventura. Rappeler que Melville était juif, alsacien et gaulliste, l'une des configurations les plus étranges du cinéma français. Juif gaulliste, ça ne se portait pas beaucoup, alsacien, encore moins. Le grand isolement dans lequel Melville s'est tenu toute sa vie s'explique aussi pour ces raisons-là . Disons que le film est un polar gaulliste, c'est tout. Des chuchotements, mais jamais de cris. On tue pour le devoir. En silence.

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