quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Laura

Par Louis SKORECKI — 10 juin 2004 à 00:59

Cinécinéma classic, 22 h 35.

Son premier film, Preminger le tourne à Vienne, en 1931, à 25 ans. Il est depuis quelques années déjà acteur et metteur en scène dans la troupe du grand Max Reinhardt. Il gagne l'Amérique (comme beaucoup de juifs autrichiens), où il devient vite le petit génie de la scène théâtrale de Broadway. Après une série de rôles d'espions et d'officiers allemands (plutôt vicieux et sadiques), il s'impose à Hollywood, réalisant entre 1936 et 1944 pas moins de quatre jolis films qui portent déjà sa marque, Under Your Spell, Danger-Love At Work, Margin For Error et In The Meantime, Darling.

Ce n'est pas Laura, son premier film ?

C'est ce qu'il a réussi à faire croire. Il était très fort.

Il est rare qu'un cinéaste décide où commence sa filmographie, non ?

Personne avant lui n'avait réussi à faire reculer de quinze ans son acte de naissance au cinéma.

ça rime à quoi de faire commencer sa filmo officielle avec Laura ?

Tu sais quel est le sujet de Laura ?

Un homme tombe amoureux d'un tableau, c'est ça.

Un tableau qui représente quoi ?

Une femme morte.

C'est un homme qui fait l'amour avec une morte, alors ?

Ben non. Elle n'était pas morte.

Ah bon ?

Ben oui, elle revient.

Ils s'aiment et font des enfants ?

Ben, oui.

Qu'est-ce que tu peux être con, quand même.

C'est quoi, alors, l'histoire ? Un type qui se branle devant un tableau ?

C'est encore mieux que ça.

Quoi, alors ?

Faire reculer le moment où elle vient, le moment où il vient («when he comes»). Tu comprends ?

Où il jouit, c'est ça ?

Ben oui. En postdatant sa filmo, Preminger affirme haut et fort qu'il n'est pas un éjaculateur précoce.

Et c'est vrai ?

Bien sûr que non.

Louis SKORECKI

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