segunda-feira, 7 de setembro de 2015

""L'Aventure intérieure"" de Joe Dante. Canal Jimmy, 22h30.

LOUIS SKORECKI 12 AVRIL 1999 À 00:41

C'est une histoire triste. Deux personnages, un décor, une fin sinistre. Le premier s'appelle Steven Spielberg, il est producteur de films. Quelquefois, pour aller vite, on dit SS (on a les initiales qu'on peut). Depuis son domaine, mi-carton-pâte, mi-dessin animé, qui couvre une bonne partie des collines hollywoodiennes, SS tire des plans sur la planète. Il se demande, lui le nouveau nabab, lui le futur Disney, comment diffuser avec un maximum d'efficacité deux ou trois images, pas davantage, aux quatre coins du monde. Comment faire rêver, dans un même élan magique et somnambule, tous les mômes de l'univers? Comment installer le paradis, un certain paradis, sur terre?

Mon second vit à quelques kilomètres seulement de l'empire Spielberg. La vie, pour lui, est infernale. Il s'appelle Dante. Joe Dante. Pendant quelques années, pourtant, il a été heureux: études joyeuses à Philadelphie, lancement de Castle of Frankenstein, un fanzine aujourd'hui légendaire. Débuts rigolos au cinéma, à New World, avec ce vieux radin de Roger Corman. Dante est monteur de bandes-annonces, il bricole tout azimut, un véritable chercheur en chambre. Tellement doué, le chercheur, que Corman le laisse réaliser deux films. Le second, Piranhas, bouclé pour 700 000 dollars, rapporte une fortune. Les malheurs de Joe Dante commencent.

Spielberg, en effet, s'intéresse à lui. Piranhas, un délirant pastiche des Dents de la mer, l'a beaucoup fait rire. Il a des projets pour le petit Dante. Seul Gremlins, pourtant, rencontrera son public. Les autres Dante, des merveilles noires, des Spielberg black mal calibrés pour le public américain, sont des flops. Comme l'Aventure intérieure, version destroy du Voyage fantastique, remake en forme schizo-science-fiction, light show bondissant et flippé, billard électrique sentimental. En plus, Joe Dante ne sait jamais comment finir ses films. Il bloque, il panique, il dérape.

PS: Digest d'un article de Libération (16/12/87), qui signalait la sortie de ce film délicieux, promis, comme tant d'autres Dante, à l'enfer et à l'insuccès.

SKORECKI Louis

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