quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Le Boucher

CINéCINéMA CLASSIC, 20 h 45.

Par Louis SKORECKI

Dans la curieuse carrière en dents de scie de Chabrol, mieux vaut s'arrêter sur les dents que sur la scie. Quoi ???!!!??? On n'y comprend rien, à tes papiers cryptés, Skorecki. Si tu nous disais où tu veux en venir, on s'emmerderait moins. L'ennui produit du sens, je dis, mais personne ne répond. Je décide de m'expliquer, même si plus personne n'écoute. Seuls les accidents et les hiatus justifient la carrière à encéphalogramme plat de Chabrol, des accidents comme l'oeil du malin (une semaine en salle pour la version art pauvre du meilleur Hitchcock, qui vaut l'oeuvre entière du clinquant De Palma), les Bonnes Femmes (quatre filles et un étrangleur comme miroir alternatif de la société), les Fantômes du chapelier (du sous-Mocky, mais du Mocky quand même), Landru (le seul Chabrol défendu par l'ami Lourcelles pour sa solidité hollywoodienne) ou encore le Cri du hibou (ou le «jouer faux» des acteurs comme art de vivre et comme esthétique).

Avec le Boucher, on est sur la scie plutôt que sur les dents. Ce faux chef-d'oeuvre épate-bourgeois ne vaut que pour les acteurs, même si Jean Yanne est cent fois moins bon que chez Godard (Week-End) ou Pialat (Nous ne vieillirons pas ensemble), et que Stéphane Audran est moins belle, moins efficace, moins émouvante que dans les Biches. La musique de Pierre Jansen et la photo de Jean Rabier sont, comme toujours, parfaites.

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