quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Le Carrosse d'or (2)

11 OCTOBRE 2006 À 23:38

LOUIS SKORECKI

Entre ce film et moi, il y a une distance, un mélange de doute et de froideur. Je n'ai jamais cru au côté commedia dell'arte de Renoir, ça ne m'a jamais ému. Même devant la Règle du jeu, ballet virtuose entre maîtres et serviteurs, je reste de glace. L'amour que j'éprouvais, jeune homme, pour ce film époustouflant de grâce et d'agilité, s'est peu à peu transformé en méfiance devant le sujet même de la Règle du jeu. Amour, haine, aigreur, de quoi s'agit-il ? C'est pire pour le Carrosse d'or. Je ne sais même pas si ça parle de quelque chose.

C'est de moi que tu parles ? demande le film. De qui d'autre ? je dis. Tu n'y es pas, dit le film. Je suis léger, aérien, amoureux. Tu es amoureux de qui ? je demande. De la vie, répond le film. Ah ! ah ! je fais, il n'y a pas plus de vie chez toi que chez un chat mort. Un quoi ? demande le film, vexé. Tu m'as bien entendu. On dirait qu'il a pâli. Et Magnani, tu en fais quoi ?Je ne l'ai jamais aimée, la Magnani, je réponds, elle n'est supportable que dans Rome, ville ouverte. Et chez Pasolini ? demande le film. Mmmm, je fais. Cette fois-ci, c'en est trop pour lui. Tu n'aimes rien, me dit-il, tu restes de glace devant la beauté. Quand la beauté est glacée, oui. C'est toi qui es glacé, espèce d'iceberg, me lance-t-il, furieux. Je n'ai rien à répondre à cela. Film à la con, je lui dis, mais il ne m'écoute plus.

SKORECKI Louis

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