segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Cercle rouge. TV5, 22h35, film. Breaking the Waves. Canal +, 20h35, film dramatique. Champions à tout prix. M6, 20h50, magazine Capital.

Par Louis SKORECKI et Fabrice Tassel — 22 novembre 1997 à 12:03

Le Cercle rouge

TV5, 22h35, film.

A trop répéter que Jean-Pierre Melville est un grand cinéaste, on perd de vue le pourquoi du comment. Revoir, ébloui, le Cercle rouge donne au moins quelques pistes. A commencer par la propension melvillienne à naturaliser ses acteurs comme un naturaliste empaille des bêtes féroces ou, mieux, tel ou tel animal domestique, un chat, un chien, que son propriétaire tient à retrouver presque vivant. C'est dans ce presque que se tient l'ambiguïté froidement chaleureuse de la direction d'acteurs de Melville ­ ou de ce qui en tient lieu. Ici, à travers les performances stylées (et presque éteintes) de Delon et Montand, quelque chose comme une virilité policière portée à incandescence avec le regard buté d'une baleine blanche sortie de Moby Dick nous étreint férocement. Capitaine Achab de l'homosexualité frigidement déguisée sous un imperméable immaculé trop neuf, Jean-Pierre Melville ressort ses obsessions comme d'autres lancent une bouteille à la mer ou un harpon désespérément veuf. Ici, outre une interprétation presque agonisante de Bourvil, hagard en policier fouineur trop raide, on retiendra les séquences hallucinées où Montand, envahi par des rats qui lui rampent sur le corps, menacé par des tritons et des serpents, se réveille froidement d'un rêve trop cru. Et si Resnais, dans sa mise en scène admirablement retenue de Mon oncle d'Amérique recourait à des rongeurs géants drivées par Laborit en hommage biaisé à ce Melville gangster?

Breaking the Waves

Canal +, 20h35, film dramatique.

Cette histoire de miracle bêtement profane, portée à bout de bras par un Cinémascope artificiellement ivre et une actrice vaguement hystérique se réclame systématiquement d'Ordet, chef-d'oeuvre tout de rigueur retenue de Carl Theodor Dreyer, grand cinéaste anecdotiquement danois.

Champions à tout prix

M6, 20h50, magazine Capital.

Pour une fois, même le ton volontiers «révélateur» (attention, ce qui suit est un peu explosif) de Capital est un peu irritant. Car ce numéro n'est qu'une énième resucée des reportages sur la folie de l'argent dans le sport. A travers trois univers (cyclisme, foot et athlétisme) et quelques figures marquantes (Virenque, Laurent Blanc, Fabrizio Ravanelli) et leurs salaires, Capital ne fait pas découvrir grand-chose de plus que ce l'on connaît déjà, hormis peut-être pour les purs béotiens du sport. Restent quelques séquences savoureuses, auxquelles les reporters de M6 nous habituent: «Les gamins, dès 4 ou 5 ans, ont leur cahier d'école et leur stylo OM, on leur donne une piqûre.» (Robert Louis-Dreyfus, patron d'Adidas et de l'Olympique de Marseille.) «Et sur les cercueils il sera écrit Droit au but (la devise de l'OM ndlr).» (L'adjoint de Dreyfus.) «Avec 120 millions de francs, soit j'achète deux joueurs à 60 millions, soit dix à 12 millions. Jusque-là, même sans avoir fait d'études, je peux encore suivre.» (Rolland Courbis, l'entraîneur de l'OM.).

Louis SKORECKI, Fabrice Tassel

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