segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Champion

13 JUILLET 2006 À 21:57

LOUIS SKORECKI

Si je choisis aujourd'hui ce mauvais film du Patrice Chéreau italien, Franco Zeffirelli, c'est pour dire deux ou trois choses qui me tiennent à coeur. C'est ma master class à moi, et en moins de 1500 signes. Qui dit mieux ? Personne ? Le Champion (1979) est le remake du Champion de King Vidor (1931), qui était aussi larmoyant, mais autrement rude et cruel. Disons qu'il s'agit de chantage à l'émotion : un boxeur alcoolique tente un ultime retour, par amour pour son fils, dont il est le héros, et qui l'imagine invincible.

Ne pas pleurer à ce film ringard est difficile. J'en sais quelque chose, je suis aussi sentimental que vous, aussi pavlovien. Les larmes, au cinéma, ne sont pas le sceau de la qualité (le rire, au contraire, prouve que le film vous a fait rire, ce qui est un gage de travail et d'efficacité). Il y avait chez Vidor une belle âpreté, celle du noir et blanc, celle de Wallace Beery, ours d'amour, celle de Jackie Cooper, bambin professionnel plutôt doué. Chez Zeffirelli ? Blondeur, fadeur fanée, morbidesse écoeurante. Sans oublier la lourdeur peroxydée de Jon Voight (son plus grand titre de gloire est son petit frère, Chip Taylor, auteur de Wild Thing, et grand countryman déviant). Le Champion ? Une opérette sentimentale, usée jusqu'à l'os. Pleurez si vous voulez, ça n'y changera rien. Un navet reste un navet. Le prince Visconti, avec son trop célèbre «Caprice des Dieux», le film le plus coulant au monde, n'a pas fait pire, c'est dire.

SKORECKI Louis

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