segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Clan des irréductibles

23/02/2001 à 23h08

Ciné Cinémas 1, 13 h.

SKORECKI Louis

Paul Newman, Paul Newman. Au risque de faire rigoler les cinéphiles de l'Amérique profonde, on dira encore une fois combien cet acteur médiocre est un cinéaste important. Cinq ou six films, pas plus, pour une oeuvre à côté de laquelle quelques-uns des maîtres vénérés aujourd'hui, de Cassavetes à Huston, de Scorsese à Arthur Penn, ne sont que des usurpateurs d'identité (trois de ces réalisateurs largement surestimés ont d'ailleurs dirigé Paul Newman avec infiniment moins de grâce et d'imagination que les rares cinéastes à l'avoir débarrassé des grimaces de l'Actor's Studio: McCarey, Preminger, Robert Rossen, Robert Benton). Ce film-là, Sometimes a Great Notion (la lourdeur du titre français, le Clan des irréductibles, n'échappera à personne), Paul Newman l'a désavoué, sans doute parce qu'il n'a accepté de le mettre en scène que tardivement, en cours de tournage. Dans cette histoire d'une famille de bûcherons confrontée à l'adversité, outre la présence radieuse de Lee Remick, encore très belle une dizaine d'années après l'extraordinaire Fleuve sauvage (1960, avec Montgomery Clift), c'est évidemment l'occasion de diriger Henry Fonda que Newman ne pouvait pas refuser.

Cinq ou six films, disait-on. Peut-être pas autant. Mieux vaut éviter Harry and Son (1984), trop autobiographique pour convaincre (Newman s'y inspire de la mort de son fils) et la Ménagerie de verre (1987), son seul succès hollywoodien, d'un académisme décourageant. Restent deux beaux films de cinéma, Rachel, Rachel (1968) et De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (1972), réalisés avec la complicité omniprésente de Joanne Woodward. Et surtout The Shadow Box (1980), tourné à l'origine pour la télévision, compte rendu d'un enfermement terminal à la limite du supportable. La maladie, l'amour, la mort, filmés vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur des moniteurs télé, sans pathos ni voyeurisme. Cette sécheresse-là, cette sentimentalité presque expérimentale, rachètent les tonnes de sauce salade derrière lesquelles se cache l'un des artistes les plus secrets de Hollywood.

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