quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Le Courrier de l'or

17/01/2005 à 23h40

TCM, 23 h 20.

SKORECKI Louis

Dans un vieux livre sur le cinéma transcendantal, Paul Schrader associait Boetticher à Bresson, Dreyer et Ozu. Ce n'était pas si bête que ça.

­ Qu'est-ce que tu veux dire ?

­ C'est extraordinaire qu'un crétin comme lui ait eu une idée.

­ Tout le monde peut avoir une idée.

­ Une idée comme ça ne se rencontre pas sous le sabot d'un cheval.

­ Qu'est-ce qu'elle a de si bien, son idée ?

­ Dreyer et Boetticher, tu y aurais pensé, toi ?

­ Non.

­ Tu vois.

­ Je ne vois rien.

­ Les idées finissent par circuler. Pas les idées rares.

­ Mais qu'est-ce qu'elle a de si bien, son idée ?

­ Elle ne va pas de soi.

­ C'est tout ?

­ Non. Elle donne une clé.

­ Sur quoi ?

­ Entre 1953 et 1959, Boetticher a signé une dizaine de westerns exemplaires.

-Et alors ?

­ Tu mets ces films d'un côté, tu mets Bresson de l'autre, ça travaille tout seul.

­ Qu'est-ce qui travaille ?

­ L'idée, couillon.

­ Bresson fait travailler Boetticher, c'est ça ?

­ C'est ça. Il l'illumine.

­ Comment ?

­ Tu te rappelles Anne Wiazemsky dans Au hasard Balthazar ?

­ Celle qui fait pleurer l'âne ?

­ Non. Celle qui le regarde pleurer.

­ Et alors ?

­ Si elle regarde Randolph Scott à cheval, il se passe quoi ?

­ Rien.

­ Et si Falconetti regarde Randolph Scott ?

­ Il ne se passe rien non plus.

­ Tu ne vois pas que Randolph Scott les fait pleurer ?

­ Toutes les deux ?

­ Oui.

­ Pourquoi ?

­ Il a une mission.

­ C'est sa mission de les faire pleurer ?

­ Si tu veux.

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