segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Le Dîner de cons

LOUIS SKORECKI 30 SEPTEMBRE 2002 À 01:10

Canal + bleu, 9 h 55.

La scène se passe au buffet de la gare de Lyon. Julie y a donné rendez-vous à Gaston, son amoureux. Le seul problème, c'est que Gaston ne sait pas qu'il est son amoureux.

Julie. ­ Tu es un peu pâle. Tu étais malade ?

Gaston. ­ Je te raconterai. Tu prends quoi ? Je te conseille le saucisson chaud pommes à l'huile. Ça, au moins, ils ne peuvent pas le rater.

Julie acquiesce de la tête.

Gaston. ­ Deux saucissons chauds et une carafe d'eau, s'il vous plaît.

Le garçon s'éloigne, sans faire le moindre effort pour ne pas montrer qu'il fait la gueule.

Gaston. ­ Tu as vu, le crétin ? Si tu veux mon avis, on est bons pour un dîner de cons.

Julie. ­ Tiens, justement, je me suis engueulée avec Dylan Sitbon il y a deux ou trois jours à propos du Dîner de cons. Tu en penses quoi, toi ?

Gaston. ­ Tu perds ton temps avec lui. Ce n'est pas parce que son père a refait les dents de Paul Amar et de Guillaume Durand que le fils sait vraiment parler de cinéma. Qu'est-ce qu'il t'a dit ? Je suis sûr qu'il trouve ça génial.

Julie. ­ Il dit qu'il faut connaître le Talmud depuis au moins cinq générations pour comprendre les comédies à la française de Francis Veber.

Gaston. ­ Il dit aussi qu'il faut connaître le Talmud depuis sept générations pour comprendre les subtilités de la vente des jeans en gros, et le succès de la Vérité si je mens. Il ne sait pas que ce sont deux Arabes qui ont produit le film, pas des bailleurs de fonds du Sentier.

Julie. ­ C'est pas Dylan Sitbon, là-bas ?

Gaston. ­ Ah, non, le con. Te retourne pas, il va venir.

Julie. ­ Trop tard. Il arrive.

Dylan. ­ C'est incroyable. Je dîne avec le rabbin Klaxonowsky, et on a une discussion vraiment incroyable sur Francis Veber. Il ne cite pas seulement la Kabbale, tu sais que sur la Kabbale il est imbattable, il m'a aussi sorti une phrase de Houellebecq qui décrypte à fond, mais à fond, le Dîner de cons.

Gaston. ­ Klaxonowsky, il est dans Houellebecq, maintenant ?

Julie (à Gaston). ­ Tu crois qu'il est juif, Houellebecq ?

Gaston. ­ S'il est juif, moi, je suis un manouche du Manouchistan.

Dylan. ­ Houellebecq, il y a une chance sur un million. Mais Veber, je te parie une bouteille de champagne.

(A suivre)

SKORECKI Louis

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