segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Gendre de M. Poirier

8 NOVEMBRE 2006 À 00:00

LOUIS SKORECKI

Ne jamais oublier que Pagnol est le véritable inventeur, avec au moins dix ans d'avance, du néoréalisme. Ne pas oublier non plus qu'il n'a signé qu'une quinzaine de films, ce qui est peu en regard du retentissement de son oeuvre, l'une des plus belles et des plus radicales qui soient. Ce film rarissime, et qu'on croyait perdu, est le premier de Pagnol cinéaste. Il était sorti en 1934, avec l'extraordinaire Jofroi (50 minutes, le seul rôle de Vincent Scotto) en avant-programme. Avec Angèle et Jofroi (1934), Cigalon et Merlusse (1935), le système Pagnol est déjà en place.

Contrairement à ce qu'on écrit ici et là, le cinéma de Pagnol n'est pas du théâtre filmé, même si c'est ce qu'affirme encore un certain Bernard Trout (dans le Guide des films de Jean Tulard), à propos du Gendre de M. Poirier, une fantaisie bourgeoise qui se passe sous Louis-Philippe, adaptée d'une pièce que Jean Debucourt, balancé ici «directeur artistique», avait montée avec succès. Le «théâtre filmé» de Pagnol a toujours été du cinéma, et rien d'autre. Du cinéma pur, même. Ne pas oublier que le cinéma (celui de Pagnol, de Renoir, de Ford, de Welles) n'est que du théâtre filmé. Et rien d'autre. Filmé, mais transfiguré. L'art des premiers cinéastes parlants (Gance, Guitry), c'est d'avoir su ça. Et Bresson aussi, quoi qu'il ait dit, même avec ses «modèles», n'a jamais fait que du théâtre. Cinéma et théâtre, c'est pareil. Tout le reste est littérature.

SKORECKI Louis

CINéCINéMA Classic, 20 h 45

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