quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Le Grand Sam. Ciné Cinéma 1, 20 h 30.

LOUIS SKORECKI 8 JUILLET 1999 À 23:48

Son titre original, North to Alaska, rend mieux la géographie musclée du Grand Sam que la traduction française oriente un peu trop vers le «dernier des géants», celui dont Howard Hawks disait: «Si on n'a pas John Wayne, à quoi bon faire un western?» En fait, c'est ici d'un autre H.H. qu'il s'agit, moins flamboyant, plus modeste, le prolifique Henry Hathaway. Né au tournant du siècle, acteur à dix ans, Hathaway laisse une centaine de films, dont seul Peter Ibbetson, enfant chéri des surréalistes, résiste à l'usure du temps. D'être aussi rêveur et viril à la fois lui donne des ailes.

Le Grand Sam est moins ce «rodéo du slapstick» dont parlait Jacques Rivette qu'un remake outrancier, expressionniste et chaleureux du dernier chef-d'oeuvre de Hawks, Rio Bravo, réalisé à quelques mois de distance à peine de l'original. Il ne s'agit pas tant de raconter la même histoire sous un autre angle, comme dans tout remake classique qui se respecte. C'est plutôt de transfert d'énergie qu'il est question. Ce qui détermine la dynamique de Rio Bravo, c'est l'évidence a posteriori d'un trio d'acteurs qui n'avait rien d'évident au départ. Autour de John Wayne, l'icône par excellence, deux acteurs venus d'univers différents, la comédie (Dean Martin) et le rock adolescent (Ricky Nelson). Le pari du Grand Sam, c'est de reconstituer à sa manière le trio hawksien, Stewart Granger amenant avec lui son passé d'anglais aventurier et Fabian posant en caricature alanguie de Ricky Nelson. Le plus étonnant, c'est que cette dynamique fonctionne, dans une sorte d'hystérie bagarreuse qui n'a rien d'hawksien mais qui en a l'énergie. A la chanson de Rio Bravo correspond celle de North to Alaska, à la mollesse teenage de Ricky Nelson succède la version surf de Fabian. Capucine et Ernie Kovacs prolongent, chacun à sa manière, la distinction dragueuse d'Angie Dickinson et les monologues décalés de Walter Brennan. Ce n'est pas un film d'auteur, encore moins un chef-d'oeuvre. Pour le spectateur, pourtant, ça ne change pas grand-chose. Ça bouge pareil.

SKORECKI Louis

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