segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Massacre de Fort Apache (2)

CINéCINéMA CLASSIC, 16 h 30.

par Louis SKORECKI

J'ai un faible pour Henry Fonda. Quand il parle à Dieu, dans le Faux Coupable, j'en ai la chair de poule. S'il parle à Dieu , c'est que personne ne l'écoute. Dans le Massacre de Fort Apache, c'est le contraire. Il ne parle pas à Dieu parce que Dieu, c'est lui. Enfin, c'est ce qu'il croit, cet avatar de Custer, grand massacreur d'Indiens devant l'éternel. Tu tires, tu réfléchis après. Pas de problème, Dieu est aux commandes. Il faut que je vous dise, j'ai toujours eu un faible pour Dieu. Je n'irais pas jusqu'à dire que Dieu, c'est moi, mais il y a des jours où j'ai des doutes. Oui, oui. Disons, pour calmer le jeu, que je me sens plus proche d'Henry Fonda que de Dieu, même si je n'ai jamais tué d'Indiens de ma vie. Je n'ai jamais non plus tourné dans un film de Ford, mais je me sens plus proche de lui que de Benoît Jacquot, que je connais depuis des années. Je ne me suis jamais crevé un oeil, et pourtant je ne vois pas en stéréo, en relief, je veux dire. Je vois tout plat, comme Ford, c'est même pour ça que je suis un bon critique de cinéma, de cinéma à la télé, je veux dire, ce qui est bête à dire vu que la télé et le cinéma, c'est pareil. C'est même pire. Lumière a inventé la télé, et il ne le savait pas. Pour revenir à Dieu, et pour calmer le jeu, disons que je suis un bon critique de cinéma, et basta.

Si je vous dis que Shirley Temple joue la fille de Henry Fonda, vous ne me croirez pas. Si, si. Si je vous dis que la bande à Ford est presque au complet (Ward Bond, Victor McLaglen, Pedro Armendariz, Jack Pennick, John Agar), vous me croirez mieux. Si je vous dis qu'il y aussi une grande fordienne, Mae Marsh (les Raisins de la colère, le Fils du désert, The Wings of Eagles, Donovan's Reef, les Deux Cavaliers, Cheyenne Autumn), née au cinéma avec Griffith, en 1912, vous sourirez. John Wayne sauve la situation, comme toujours. Fonda meurt, comme souvent. Qu'est-ce que je t'aime, John Wayne.

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