segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Massacre de Fort Apache

par Louis SKORECKI

CINéCINéMA CLASSIC, 20 h 45.

John Ford est le cinéma. Ni Murnau, ni Hitchcock, ni Renoir ne lui arrivent à la cheville. Ni Ozu, ni Mizoguchi, ni personne. A côté de Ford, le reste du cinéma, c'est ni-ni. Il n'y a que Tourneur qui s'approche de Ford par son étrangeté même, son étrangeté au cinéma. Comme si le cinéma ne se définissait qu'à l'envers, par la distance qu'il met avec lui-même. Le cinéma, c'est précisément ce qui n'en est pas, ce qui n'en sera jamais. Qu'est ce que Ford disait de lui-même, déjà ? «Je m'appelle John Ford et je fais des westerns.» Même pas des films. Même pas du cinéma. Juste des histoires de cow-boys et d'Indiens, avec un peu d'amour entre les plans pour laisser respirer le spectateur. Parmi ces westerns, le Massacre de Fort Apache a une drôle de place. Il a la puissance d'un cheval au galop, un cheval dressé pour servir son pays. Le pays, c'est l'Amérique. Vous ne savez pas où est l'Amérique ? Elle est sous le sabot de ce cheval, et nulle part ailleurs.

Le Massacre de Fort Apache est, en 1948, le premier volet de la trilogie fordiennne consacrée à la cavalerie américaine, avant la Charge héroïque (She Wore A Yellow Ribbon, 1949) et Rio Grande (1950). Avec le meilleur des cinéastes, une trilogie prend trois ans. Avec Ford, ce serait trop facile. En trois ans, il s'amuse aussi d'un délicieux film hors genre, presque transgenre, When Willie Come Marching Home, et d'un classique prétélévision qui défie le temps, Wagonmaster. Remercier Dieu qu'il ne se soit pas aussi mis en tête de laver les assiettes, on y serait encore. Le Massacre de Fort Apache est une épopée triviale et alanguie, bâtie autour des délires anti-Indiens de Custer qui ont tant inspiré Hollywood. Henry Fonda joue le tueur de Peaux Rouges, John Wayne essaye de pactiser avec Cochise, ça finit dans un bain de sang.

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