segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Le Miraculé

CINECINEMA auteur, 21 heures.

par Louis SKORECKI

Avec Mocky, et dans une moindre mesure avec Chabrol, il faut avoir deux choses en mémoire, faute de quoi on passerait à côté de ce qui fait leur singularité. D'abord, ce sont de vrais artisans, avec ce que cela suppose de savoir-faire. Mais ce sont en même temps des professionnels qui ne sont cinéastes qu'aux heures de bureau, avec ce que cela suppose d'amour du travail bien fait. On dira que ce n'est pas vrai de Mocky, qui s'engage totalement dans chacun de ses films, qui ne ménage pas ses efforts, qui ne les compte pas. Je ne parlais pas de cela. Je parlais d'engagement à plein temps, pas au-delà. Quand le film s'arrête, il s'arrête. Est-ce mal ? Bien sûr que non, surtout à une époque où le moindre auteur couche avec son film 24 heures sur 24, avec les résultats peu convaincants qu'on sait. C'est pour cela, et pour aucune autre raison, que Biette aimait tant Chabrol (pour Mocky, je ne sais pas). Quand c'est l'heure de dormir, c'est l'heure. Quand c'est l'heure du repas, ce n'est plus l'heure du film.

Je n'aime pas beaucoup le Miraculé. Comme pour les faux grands Chabrol (le Boucher, Que la bête meure), c'est un faux grand film. Il a tout bon sur le papier, pas pour de vrai. L'idée, les acteurs, tout est bon. L'anticléricalisme, les cabines à confession, Jeanne Moreau, Poiret et Serrault réunis, quoi de plus excitant ? On se dit que c'est gagné d'avance. Mais le Miraculé n'est qu'une succession de moments forts, ce qui ne le rend drôle à revoir qu'en bande-annonce ou en extraits télé. A force de coudre ensemble des clips comiques, on n'obtient que ça : des clips. Sur un sujet voisin, choisir plutôt Un drôle de paroissien (1963). Sur un sujet sérieux, choisir l'Ibis rouge (1975), qui ressemble tant aux Fantômes du chapelier de Chabrol que ce n'est pas drôle. Réussir un film de bout en bout, ça ne se décrète pas, ça tient du miracle.

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