quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Le Passe-Montagne

LOUIS SKORECKI 10 SEPTEMBRE 2002 À 00:55

Ciné Cinémas 2, 0 h 30.

La scène se passe place Edith-Piaf, à Paris. Il est 8 heures du matin, le soleil tarde à se montrer. Une fille et deux garçons sont assis sur un banc, les yeux rougis de sommeil.

Gaston : ­ J'aime de plus en plus Stévenin. Ce type-là, il est terrible.

Guillaume : ­ C'est le rocker du film d'auteur.

Julie : ­ Le rocker à moumoute, oui. Vous m'énervez avec vos films de garçons. Je ne connais pas une fille qui aime Stévenin.

Gaston : ­ On parle pas de l'acteur Stévenin, du mec qui fait le poireau chez Truffaut, on te parle du cinéaste.

Guillaume : ­ Oui, du ci-né-aste.

Julie : ­ Vous m'énervez, vous m'énervez. J'ai le droit de dire que Stévenin est court sur pattes et qu'il a du bide, non ?

Gaston : ­ Je te crois pas une seconde quand tu dis ça. T'étais scotchée sur le Passe-Montagne chez Henriette, hier. Ce film-là, c'est du Cassavetes.

Guillaume : ­ Le Passe-Montagne, c'est dédié à Cassavetes.

Julie : ­ Et moi, je peux dédier mon devoir d'anglais à Shakespeare, j'aurai pas un A pour autant.

Guillaume : ­ Quand Bonnaud, le mec des Inrocks, faisait son commentaire sur le Passe-Montagne, dans le bonus du DVD, t'avais pas les larmes aux yeux ?

Guillaume : ­ Elle est amoureuse de lui depuis qu'elle sait qu'il vit avec une star de cinéma.

Gaston : ­ Quand il passait sur Canal, avec la Giordano, il ne lui faisait pas cet effet.

Guillaume : ­ Normal, il était à l'image.

Julie : ­ Quand il dit que le Passe-Montagne, c'est un passage entre deux mondes, le monde de l'autoroute et ceux qui restent au bord...

Gaston : ­ Oui, les laissés-pour-compte... Les zonards... Super poétique, l'analyse.

Julie : ­ Quand Bonnaud dit qu'on ne saura jamais pourquoi le personnage change de chaussures, tu ne peux pas dire que c'est pas bien vu.

Gaston : ­ Le Passe-Montagne, c'est l'histoire d'un raccourci qui n'en finit pas. Bonnaud, c'est l'école Douchet, l'école décryptage-escargot.

Julie : ­ Oui, mais tu l'as pas dit.

Gaston : ­ Ton Bonnaud, il ne dit même pas qu'il y a Michel Delahaye au scénario.

Julie : ­ Michel qui ?

Guillaume était remonté place Octave-Chanute chercher ses rollers. Il faisait un peu plus chaud. Ça allait être une belle journée.

SKORECKI Louis

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