segunda-feira, 14 de setembro de 2015

«Le Prêteur sur gages». Le silence du survivant

12/05/1995 à 05h08

SKORECKI Louis

Ciné Cinéfil, 22h05.

Sidney Lumet est un cinéaste américain très inégal, quelquefois porté par une certaine dramaturgie théâtrale et quelquefois, on ne sait pourquoi, plus léger et plus libre. Le Prêteur sur gages (The Pawnbroker) est à l'intersection exacte de ces deux cinémas, un film extrêmement curieux et attachant qui use de certains trucs hérités de l'Actor's Studio.

Réalisée en 1965, cette histoire d'un homme prisonnier de son passé commence par un prégénérique énigmatique qui montre deux enfants qui gambadent dans les blés au ralenti, un homme qui vient à leur rencontre et les embrasse sous le regard des grands-parents. Images d'un paradis perdu qui s'arrêtent avec le ralenti et cèdent la place au portrait d'un homme usé, Sol. joué par un Rod Steiger à peine reconnaissable tant il est grimé et vieilli.

Sol est un prêteur sur gages qui vit sa vie comme un automate. Des flash-backs le poursuivent qui le montrent dans un camp de concentration. On comprend sans que cela soit dit que toute sa famille a péri dans les camps.

Sur une musique cuivrée de Quincy Jones, on assiste à cette vie sans but que vit le vieux Sol, aux tentatives de deux ou trois personnes pour le faire sortir de son silence. La carapace de douleur est telle qu'on attend sans trop y croire qu'un vieil homme hanté par ses cauchemars se réveille enfin .

Rediffusions: samedi 0h50, dimanche 10h15.

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