segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Le Rayon vert

LOUIS SKORECKI 11 JANVIER 2005 À 23:33

Qui manque le plus aujourd'hui, Bresson, Godard ou Rohmer ? Bresson ne manque qu'à lui-même. Absolu, irremplaçable, souverain. Comment regretter qu'il n'y soit pas quand il ne cesse d'y être ? Godard ? Il est là, mais seulement dans ses interstices, ses lapsus, ses délires, toujours fidèle à son énervante modernité. Reste Rohmer, le sphinx de l'amour et du bricolage. Même s'il tourne encore, il n'y est plus vraiment, perdu dans les hauteurs de son classicisme chuchoté. Mais ses films, ses jolis petits films tournés pour deux ronds, à la Renoir, à la bonne franquette, ils sont où, hein ?

Classicisme chuchoté, ça veut dire quoi ?

Ne me demande rien.

Pourquoi ?

Parce que.

L'article est terminé, alors ?

Oui.

Qu'est-ce qu'on fait ici, alors ?

On attend.

On attend quoi ?

L'inspiration, couillon.

Pourquoi pas le rayon vert, pendant que tu y es ?

Pourquoi pas ?

Tu te fous de ma gueule ?

Non. J'attends le rayon vert.

Tu crois qu'il viendra ?

Non.

Tu attends quand même ?

Oui. Le rayon vert, c'est l'illumination qui frappera l'ami Lourcelles quand il se relira.

Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

«On a rarement vu un cinéaste mettre autant d'obstination à inscrire son oeuvre dans un cadre totalement étranger à ses capacités.»

Lourcelles a écrit ça ?

Oui.

Pourquoi ?

Il est jaloux.

Tu crois ?

Tu aimerais mieux écrire pour Pascal Thomas ou Eric Rohmer, toi ?

Tu as raison, il est jaloux.

SKORECKI Louis

Cinécinéma auteur, 19 h 15.

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