quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Le Stade de Wimbledon

08/11/2004 à 02h55

TPS Cinéculte, 15 h 55;

SKORECKI Louis

La nouvelle vague n'a pas produit grand-chose de nouveau. A part les films criards du jeune Rohmer (1957-1978), et du jeune Godard (1957-1976), qu'est-ce qui reste ? Le premier Varda (la Pointe courte), un Rivette (Paris nous appartient, 1960), un Demy (Lola), un Chabrol (l'oeil du malin), un Truffaut (le seul où il risque sa peau, la Peau douce). Sans oublier les films de Moullet, le seul qui continue à mordre dans le réel du cinéma depuis Un steak trop cuit (1960) jusqu'aux Sièges de l'Alcazar, en passant par Brigitte et Brigitte, les Contrebandières, Une aventure de Billy le Kid, Anatomie d'un rapport, Genèse d'un repas, et tous ces courts métrages, qui valent souvent les longs.

On allait oublier un grand monsieur, Alexandre Astruc. Sans lui, pas de caméra stylo, pas de nouvelle vague. Alexandre Astruc, toujours là à 81 ans, c'est dès 1952 le Rideau cramoisi, et tous ces beaux films, les Mauvaises Rencontres, Une vie, l'Education sentimentale, Evariste Gallois... Malgré cette avalanche de jolies choses, le bilan Nouvelle Vague (Rohmer, Godard, Moullet) est maigre, surtout si on le compare à celui de Duvivier et d'Autant-Lara, deux des meilleurs cinéastes de cette «qualité française», descendue à coups d'articles rageurs par Truffaut, et qui ont signé à eux seuls plus de chefs-d'oeuvre que toute la nouvelle vague.

Quel rapport avec Mathieu Amalric ? Comme Laurent Achard et Pierre Léon, c'est l'un des seuls disciples de Biette. Rappeler que Jean-Claude Biette n'a eu qu'un maître, Rohmer. Rappeler aussi que le Stade de Wimbledon (le plus beau Amalric, peut-être) est l'un des seuls vrais petits-enfants de la nouvelle vague. Jeanne Balibar y va de sa voix distinguée, mais aussi de son cul, de sa croupe, de ses gestes lourds, pour une fois érotisés. Comme si Renoir la regardait. Comme s'il la filmait.

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