segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Les 39 Marches

CINECINEMA CLASSIC, 20 h 45

Par Louis SKORECKI

Qu'est-ce qu'on peut dire de Hitchcock qui n'a pas été dit ? Alors ? Il n'est pas là où on le croit. Ecoutez Brisseau, il vous dira. Toujours écouter Brisseau. Sur le cinéma, il est meilleur que ceux dont la fonction est d'expliquer les films, les écaillers du cinéma qui tremblent rien qu'à l'idée d'ouvrir les huîtres-films, les Burdon, les Frodeau, les Bégaudour, les Belleau, qui préfèrent s'exciter devant les auteurs du moment, plutôt que d'expliquer. Expliquer, analyser, c'est le métier du critique. Brisseau est le dernier critique de cinéma. Il y avait aussi Skorecki, mais il arrête.

Jean-Claude Brisseau dit toujours que Hitchcock changeait tout le temps ses scripts et ses supposés story-boards (souvent dessinés après tournage). Il dirigeait les acteurs bien plus qu'on ne l'a dit. C'est quoi «diriger», monsieur ? Diriger ? C'est parler à l'oreille des filles et caresser les garçons. Ce n'est pas le contraire, monsieur ? Oui, des fois. Et les 39 Marches ? Le plus beau Hitchcock, toutes époques confondues. Comment expliquer ce sentiment d'improvisation, dans un genre où, par définition même, rien ne s'improvise ? C'est que le film est hors genre. Dans les 39 Marches, comptez le temps que met la romance à prendre. L'héroïne fait son entrée tardivement, elle se laisse aller dans les bras du héros in extremis. A peine commencé, le film est déjà fini. Ejaculation précoce ? Oui, mais si poétique.

(A suivre)

Nenhum comentário:

Arquivo do blog