quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Les Enchaînés (2)

CINECINEMA CLASSIC, 14 h 20

Par Louis SKORECKI

Qui se déguise en qui ? Qu'un homme se fasse femme (comme c'est souvent le cas chez Hawks ou Hitchcock), ou qu'un Blanc se grime en Noir, quelle différence ? Il s'agit juste de différer la peur de l'autre, celui qui a de grosses lèvres (le Noir) ou une grosse poitrine (la femme). Emmett Miller fut ce black minstrel de génie, ce travesti musical inventant à lui seul la country, le rock, la pop (Minstrel Man From Georgia), avec un yodel presque transgenre. Le noir et le blanc, c'est aussi le cinéma. Et qui dit cinéma dit amour et trahison. En 1949, Bergman tourne son dernier Hitchcock, les Amants du Capricorne, et rejoint Rossellini, l'antihollywoodien par excellence.

Rappeler que les Enchaînés, c'est trois ans plus tôt, en 1946. Qui fait le Noir, qui fait le Blanc ? N'écoutez pas les sirènes prétendre que Rossellini, le cheikh blanc, a sauvé Bergman du pirate noir (Hitchcock). On sait aujourd'hui (on peut le savoir en tout cas) que l'ardeur rossellinienne et le lyrisme hitchcockien sont une seule et même chose, la recherche d'un secret perdu sous les sunlights. A deux doigts de la mort, la belle Bergman doit simuler. Aime-t-elle un homme, le nazi Claude Rains, ou une idée, incarnée par Cary Grant ? De la voir souffrir comme ça fait bander les hommes et les femmes. Ses joues sont comme deux fesses potelées, l'aviez-vous vu ? Godard, lui, l'avait vu. Il l'avait écrit.

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