quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Les Enchaînés

CINECINEMA CLASSIC, 20 h 45

Par Louis SKORECKI

On parlait des travestis. Qu'un homme se déguise en femme (comme c'est souvent le cas chez Hawks ou Hitchcock), ou qu'un Blanc se grime en Noir, quelle différence ? Il s'agit juste de la gommer, cette différence, de différer la peur de celui qui a des grosses lèvres (le Noir) ou des gros seins (la femme). En musique, Emmett Miller fut le seul à enregistrer ses chansons mutantes, pré-country, pré-rock, pré-pop ( Minstrel Man From Georgia, Sony/Legacy), et le résultat, ni blanc, ni noir, ne ressemble évidemment à rien de connu : stridences transgenre, yodle martien, on y perd son latin.

Le concept de minstrel movie, que j'ai un jour rêvé pour Rio Bravo, marche aussi pour Notorious ( les Enchaînés, 1946) et tous les Hitchcock. En quoi Cary Grant et Hitchcock obligent-ils la belle Ingrid Bergman (c'est leur deuxième film ensemble) à se déguiser ? En homme ? Presque. A deux doigts de la mort, elle doit simuler. Ses qualités d'héroïne sont celle d'un héros. Un homme ? Bien sûr, mais un homme au corps de femme, avec des formes là où il faut. Devant, derrière, Bergman est rebondie. De la voir souffrir ainsi fait plaisir aux sadiques (les cinéphiles) et aux amateurs de travelos (les mêmes cinéphiles). Avez-vous remarqué que les joues de Bergman sont comme deux fesses ? C'est Godard qui avait vu ça. Il l'a même écrit.

(A suivre)

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