segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Les Femmes de la nuit

LOUIS SKORECKI 25 FÉVRIER 2004 À 23:23

Cinécinéma classic, minuit.

Il en avait parlé à son psy. Pas content, le psy. Et le symbolique, le rituel, le simulacre ? Pour lui, cette théorie du non-sens n'avait ni queue ni tête.

Tout dépend de l'endroit d'où vous parlez, mon petit.

Il t'appelle mon petit ?

Non. C'est un effet littéraire. Il se passait un drôle de truc, l'un de nous deux ressemblait de plus en plus à Woody Allen, mais je ne sais plus si c'était lui ou moi.

Il essaye de te décrypter, et toi tu lui dis que la fonction d'un signe, c'est de faire signe ! Tu lui as parlé de Mizoguchi ?

Il ne connaît pas. Sur Mizoguchi, un psychanalyste aurait pourtant des choses à dire.

Et sur les Femmes de la nuit ?

Là, c'est sidérant. Quand Kinuyo Tanaka apprend qu'elle a la syphilis et qu'elle veut contaminer tous les hommes, elle a cinquante ans d'avance sur les stratégies sida. C'est à la fois Brecht, Shakespeare, Freud, tu vois ?

Pour Freud, non.

Dans le Messie de Rossellini, Marie ne vieillit pas. Elle reste une jeune fille aux joues de porcelaine.

Et alors ?

Dans les Femmes de la nuit (ou dans O'Haru), c'est pareil, le visage de l'héroïne est préservé. Elle vit un instant de sa vie en boucle. Elle est hors-temps.

Et Freud là-dedans ?

La macération ? La répétition ? Tu vois ?

Plutôt une touche de zen, non ?

Freud est le plus zen des grands kabbalistes, de toute façon. Il se signe à chaque mot.

Et c'est un signe de quoi ?

Tu as déjà vu un juif qui se signe ?

A part saint Paul, non.

Tu commences à comprendre. C'est quoi un signe, tu as réfléchi ?

C'est ce qui me réfléchit, non ?

Non. C'est ce qui est au-delà du sens, sidérant. Comme Mizoguchi.

SKORECKI Louis

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