segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Les films. Déclic et des claques de Philippe Clair. Ciné Classics, 20h30.

LOUIS SKORECKI 16 NOVEMBRE 1998 À 14:24

Cinq ans après A bout de souffle, Philippe Clair se lance dans son premier film avec une belle énergie rieuse, dynamitant à la fois les règles du vieux cinéma français et celles, plus récentes mais aussi contraignantes, d'une nouvelle vague en train de s'institutionnaliser à toute allure. Bien avant Lelouch ou Zemmouri, Déclic et des claques installe un climat joyeusement bâtard et métèque, qui contraste singulièrement avec l'angélisme hollywoodien de l'époque. Partant d'un scénario blagueur et léger, qui piste quatre jeunes pieds-noirs fraîchement débarqués d'Algérie dans les milieux huppés de Deauville et de Cannes, Déclic et des claques ose l'absurde, la postsynchronisation intensive, la vitesse ahurie. On trouve ici l'ébauche légère des chefs-d'oeuvre de mauvais goût minimalistes que Philippe Clair tournera avec Aldo Maccione, Plus beau que moi, tu meurs, Tais-toi quand tu parles ou Par où t'es entré, on t'a pas vu sortir. Mais Déclic et des claques est surtout un film visionnaire, anticipant avec plus de trente ans d'avance le succès de La vérité si je mens, dont il est une sorte de brouillon mal fichu et joyeusement mockyen. Ici, les mauvaises manières et l'impertinence adolescente sont de règle. On siffle les filles, on s'attarde sur leurs jambes, leurs seins, leur cul, tandis qu'une musique abrutie, à base de sifflements obscènes, rythme des images qui sautillent comme un twist daté. «Tiens, celui-là il est pas de Blida», remarque un Pierre Doris imperturbablement décalé, pressentiment génial du plus beau coup de la carrière de Philippe Clair, quand il a réussi à faire jouer un personnage de pied-noir par son idole de jeunesse, Jerry Lewis. Plaisir espiègle de voir une vamp mondaine, jouée du bout des ses accroche-coeurs par une Annie Girardot impeccable, coursée par nos quatre compères, Marx Brothers mâtinés de collégiens de Ray Ventura, qui réussiront à lancer la mode du couscous communautaire à Deauville, une poignée d'années avant que les juifs tunisiens n'en fassent le remake.

SKORECKI Louis

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