quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse

LOUIS SKORECKI 28 AOÛT 2002 À 00:46

Ciné Classics, 23 heures.

C'est un anniversaire comme un autre. Juste un peu plus secret, un peu plus louche, un peu plus clandestin. Il y a quarante ans, presque jour pour jour, Patrick Brion, l'ami cinéma de France 3, courait voir douze ou treize fois d'affilée les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse. Rien n'est trop beau quand on aime, même si le cinéaste préféré de l'homme à fiches le plus célèbre de l'histoire du cinéma (il fallait bien, en l'absence de dictionnaire, recopier dans le noir les génériques qui défilaient toujours trop vite) n'était pas Minnelli mais Richard Thorpe, l'auteur d'Ivanhoé, un cinéaste aussi obscur que les salles auxquelles il destinait ses quelque 300 ou 400 films d'aventures et fantaisies héroïques pour scouts prépubères.

Pour Brion, ça allait de soi de dire que Richard Thorpe était le plus grand cinéaste du monde et que Minnelli n'était que son second. Que penserait aujourd'hui l'ancien associé d'Eddy Mitchell dans la Dernière Séance, dont il n'est pas inutile de rappeler que c'est à la fois une sublime chanson prolétaire et la plus belle émission sur le cinéma qu'on ait jamais vue à la télévision ? Il penserait probablement la même chose qu'en 1962, quand il allait voir douze ou treize fois en trois jours les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse, sublime pièce montée du grand Minnelli et remake d'un célèbre mélo muet avec Rudolph Valentino (Rex Ingram, 1921). Dans la version Minnelli en scope couleurs, les membres d'une même famille éclatée aux quatre coins du monde, de l'Argentine à la France, se retrouvent dans des camps opposés pendant la Seconde Guerre mondiale, avec les affrontements psychologiques qu'on imagine. Glenn Ford et Ingrid Thulin font les jeunes, Charles Boyer et Lee J. Cobb jouent les vieillards affreusement grimés (on se croirait dans un Resnais), Yvette Mimieux fait la blonde ingénue. Il y a aussi Paul Henreid, Karl Böhm, Paul Lukas. Du beau monde pour un mélo costumé, haut en couleur et minnellien à mort, c'est-à-dire à la limite de l'emphase et du ridicule.

SKORECKI Louis

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