quarta-feira, 2 de setembro de 2015

L'homme qui n'a pas d'étoile

Par Louis SKORECKI

CINéCINéMA CLASSIC, 20 h 45

Le plus beau Vidor. Un mythe, presque trop américain. Tout ce que la musique americana (des Everly à Dylan, de Merle Haggard à Will Oldham) charrie d'émotion et de swing primaire, lié à ses racines et à la nostalgie de ces mêmes racines, le film de King Vidor le vit tout entier, et l'annonce avec au moins vingt ans d'avance. Il est daté 1955, l'année de tous les dangers : des sessions Sun d'Elvis à la trahison télé de Hitchcock, tout commence et finit là, dans une apothéose de films épuisés, de musiques épuisantes... et tout le tintouin, comme je le dis souvent.

L'homme qui n'a pas d'étoile est l'histoire d'un cow-boy (Kirk Douglas, presque l'auteur de son personnage, comme le dit joliment Lourcelles) qui n'aime pas les barbelés, l'histoire aussi de ce qu'était l'Amérique avant qu'elle ne soit divisée en parcelles. Un pays, un empire. Filmée par King Vidor et Russell Metty (le chef op favori de Douglas Sirk), cette saga colorée, violente, masochiste, picaresque, parle surtout des grands espaces et du mode de vie des derniers primitifs américains, un mode de vie condamné par «le progrès». Kirk Douglas a produit en 1962, soit sept ans plus tard, une sorte de suite amère, Seuls sont les indomptés, dans laquelle il s'est donné le même rôle. On en reparle dans quinze jours. Eh oui, je suis encore là pour deux mois. On ne se débarrasse pas de Skorecki comme ça.

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