segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Liberté la nuit (3)

LOUIS SKORECKI 5 MAI 2005 À 02:03

CINECINEMA AUTEUR, 16 heures.

Un café des Halles. Deux garçons d'une quarantaine d'années. Il y a des revues d'art sur la table.

Garrel, c'est Renoir plus Vigo.

Tu l'as déjà dit hier.

Pas hier, avant-avant-hier.

Tu l'as dit, oui ou non ?

Oui, mais sur un autre ton.

Le ton de Beauvois, le Babrio bariolé des Inrocks ?

Quand même pas.

Garrel, c'est Vigo ou Renoir ?

Plutôt Godard.

Bien vu. Mais tu ne réponds pas.

Plus Vigo.

Quel Vigo ?

Comment, quel Vigo ?

L'Atalante ou Zéro de conduite ?

Zéro de conduite.

Raté. Zéro de conduite, c'est juste du pré-Truffaut. Ralenti et compagnie. Christian Jaque a mieux réussi son coup, un coup plus modeste, faut dire, avec les Disparus de Saint-Agil.

C'est vrai qu'il y a quelque chose de Vigo dans Saint-Agil.

Pas qu'un peu, mon neveu.

Et l'Atalante ?

L'Atalante, c'est autre chose.

Quoi ?

Michel Simon.

C'est tout ?

Oui.

Celui de la Poison ?

Non.

Lequel alors ?

Celui de la Chienne.

Le film de Renoir ?

Oui.

Garrel est plus Renoir, alors ?

Evidemment.

Il est comment dans Liberté la nuit, Maurice Garrel ?

C'est le plus beau des boxeurs.

Tu l'as déjà dit.

Je l'ai dit sur un autre ton.

Plus chantant ?

Disons plus mélodique. Maurice Garrel et Michel Simon, c'est pareil.

Comme John Wayne ?

Oui.

Ils portent leurs cicatrices à nu ?

Oui.

(A suivre)

SKORECKI Louis

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