segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Liberté la nuit

LOUIS SKORECKI 2 MAI 2005 À 02:01

Cinécinéma auteur, 21 heures.

Un café des Halles. Deux garçons d'une quarantaine d'années. Ils ont des livres plein les poches. Il y en a aussi sur la table.

Garrel, c'est Renoir plus Vigo.

Ça tombe bien. Il y a Boudu ce soir.

Oui. Sur Arte. Et l'Atalante à 15 h 15.

Maurice Garrel, il est comment dans Liberté la nuit ?

Génial. C'est le plus beau des boxeurs de l'histoire du cinéma.

Boxeur ? Maurice Garrel ?

Oui, boxeur. Tu l'as vu dans Rois et reine ?

Oui.

Tu le trouves comment dans cette merde du nouveau Truffaut ?

Génial. En quelques secondes, il m'a mis KO.

Tu vois que c'est le plus grand boxeur de l'histoire du cinéma.

Dit comme ça, oui.

Dis-le comme tu veux, c'est le plus grand. Michel Bouquet et Maurice Garrel sont les deux plus grands acteurs du cinéma français.

Tu exagères. Ils ne font que du théâtre.

Et le Guédiguian ? Et les Garrel ?

C'est peu.

C'est peu mais ça compte.

Dit comme ça, oui.

Dis-le comme tu veux mais ce sont les plus grands. Ce sont des acteurs fordiens, si tu préfères.

Fordiens ?

Oui.

Explique-toi.

C'est simple. Bouquet est le nouveau Spencer Tracy. Il fait du Promeneur du Champ-de-Mars la version française de The Last Hurrah.

Il y a aussi Jalil Lespert, je te rappelle.

Jalil ? Il fait pour Guédiguian ce que Jeffrey Hunter faisait pour Ford.

A ce point ?

Oui.

Et Maurice Garrel ? Pourquoi est-il fordien ?

Il porte ses cicatrices au grand jour.

Comme John Wayne ?

Oui.

SKORECKI Louis

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