quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Lifeboat

CINéCINéMA AUTEUR, 20 h 45

Par Louis SKORECKI

Plus on fait de films, moins on en fait. Vous voyez ce que je veux dire ? Non. Ça ne m'étonne pas. Je ne me comprends pas non plus. A croire que j'étais un autre quand j'ai écrit ça. J'étais un autre quand j'ai appelé, il y a cinq ans, à l'émergence d'une schizocritique, qui assumerait au grand jour ses revirements. Il ne s'agit pas de changer d'avis mais de se réveiller dans la peau d'un autre, qui dirait le contraire de ce qu'on a dit la veille. Avoir le pouvoir de dire aujourd'hui que Scarface est nul, et Hawks ringard, alors que j'ai dit le contraire hier. Eh bien voilà : Hawks est surévalué, tenez-vous le pour dit.

Ce n'est pas vrai pour Alfred Hitchcock, celui qui faisait un duo théorique avec HH, du temps des hitchcocko-hawksiens, Rohmer, Bré, Chabrol and co. Dire du mal de Lifeboat, ça me serait impossible, même si le film prend souvent l'allure d'un tour de force ­ - il se déroule entièrement sur un canot de sauvetage, comme la Corde qui tenait en un seul plan. Si Hitch vaut cent fois Hawks, c'est qu'il s'y connaît en acteurs, contrairement à ce qu'on dit. Ne ratez ni la bestialité blessée du grand William Bendix, ni la violence allemande de Walter Slezak, ni le flegme du grand pote de Hitchcock, Hume Cronyn. Ne ratez surtout pas la légendaire Tallulah Bankhead, dans le rôle d'une journaliste snob qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Hitch, Warhol, même combat.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog