segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Macao

24 JANVIER 2007 À 05:37

LOUIS SKORECKI

Joseph von Sternberg n'a pas fait naître au cinéma que Marlène. Ce petit juif new-yorkais du nom de Joe Stern s'est d'abord inventé lui-même, sous la figure inédite d'un prince austro-hongrois d'opérette (à ce jeu-là, même Eric von Stroheim était battu), un prince couvert de bijoux et de fourrures (en ce temps-là, on chassait le bébé phoque d'Amazonie et la loutre d'Ukraine à coup d'éperons). Etonnez-vous après ça si Marlène n'a pas hésité avant de se faire arracher les molaires pour avoir les joues ombrées d'une diva. Dans la filmographie éclatée de Sternberg, on trouve aussi cette perle rare, Macao (le Paradis des mauvais garçons, 1952), appel à l'exotisme et à la promiscuité, habité par un couple de légende, Robert Mitchum et Jane Russell.

Ce n'est pas le plus beau Sternberg (même si on dit que Nicholas Ray filma quelques plans), c'est juste un amusement du prince (comme Jet Pilot, son dernier film en forme de Lego-fantaisie sexuelle), mais il annonce avec deux ans d'avance un autre couple musclé de légende, réuni par Preminger en 1954 pour Rivière sans retour, Robert Mitchum et Marilyn Monroe. Qui gagne ? On se contentera de rappeler qu'entre le couple de Sternberg et celui de Preminger, il y a en a un autre, celui de Hawks pour Les hommes préfèrent les blondes (1953) : Marilyn et Jane Russell. Qui dit mieux ?

SKORECKI Louis

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