quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Ordet

ARTE, 22 h 40

par Louis SKORECKI

Pas besoin d'invoquer l'au-delà pour parler de Dreyer. Ni Dieu ni maître. Just soul, that's all. Un gospel d'images, c'est tout. Que ces images soient sèches, ultrasèches, est un plus. Un bonus, comme on dit aujourd'hui. L'essentiel chez Dreyer (comme chez Fassbinder, le maître du cinéma d'après le cinéma, pour qui cherche un maître, évidemment), c'est ce qu'il raconte, pas comment il le raconte. Ce qu'il chante, si vous préférez. Vous ne préférez rien, vous voulez juste votre fiche cuisine sur Ordet. Ça veut dire quoi, Ordet ? Ça veut dire «la parole». Ça veut dire que ça parle et que cette parole compte. C'est compliqué ? Tant pis.

Oublier Dreyer est un crime. Il est l'homme des gros plans qui parlent : Falconetti dans le rôle muet de Jeanne d'Arc, Preben Lerdorff Rye dans celui du Christ d'Ordet. Deux visages, deux silhouettes qui ne se laissent pas oublier. Dans Ordet, l'homme se prend pour le Christ. Comment, «se prend» ? Il est le Christ. Vous n'y croyez pas ? Tant pis. Le miracle, au cinéma, c'est que le miracle ait lieu. C'est trop compliqué ? Alors offrez-vous le coffret Dreyer (MK2). Cinq films : Ordet, Vampyr, le Maître du logis, Jour de colère, Gertrud. Pour 80 euros, c'est donné. L'un des bonus, Ils attrapèrent le bac, est un court métrage qui vaut tous les longs. Ne manquez pas le témoignage de Preben Lerdorff Rye sur Ordet. Regardez-le dans les yeux. Si vous pouvez. Sinon, écoutez-le. Ça fera l'affaire.

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