segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Panique

12 SEPTEMBRE 2006 À 23:15

LOUIS SKORECKI

Faut-il absolument dire l'importance du cinéma de Julien Duvivier, artisan méprisé pendant des années, qui se révèle de plus en plus comme l'un des plus grands bricoleurs du cinéma, un grand cinéaste tout court. Un cinéaste incompris, inégal, amer. Au prétexte que le paysage du cinéma français est dominé par la figure toute-puissante de Renoir, on oublie que ce paysage compte des artistes aussi attachants que Gance, Becker, Bresson, Grémillon, Guitry, Melville. Oublier ces cinéastes est pire qu'une étourderie. Mais oublier les films de Duvivier, c'est un crime.

Sa caméra fonce sans prévenir, amoureusement, sur les acteurs, Harry Baur dans la Tête d'un homme, Michel Simon dans Panique. La voir venir, réagir vite, se planquer, tel est l'essentiel. Le reste suit. Le reste, c'est le métier, l'instinct de vie, l'instinct de jeu. Presque quinze années séparent la Tête d'un homme de Panique, mais elles ne comptent pas. Chez Duvivier, le temps semble s'arrêter. Rudesse des acteurs, brutalité des situations, violence des sentiments, on s'y perd. Ne pas oublier que Panique, angoissante et poisseuse chasse à l'homme, raconte la même histoire adaptée de Simenon que Monsieur Hire. De Duvivier à Leconte, de Michel Simon à Michel Blanc, quelle distance. Ce que le cinéma perd est perdu. Ne pas oublier la Bandera,la Belle équipe,Pépé le Moko. C'est ça, le cinéma.

SKORECKI Louis

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