segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Peau de cochon (2)

2 NOVEMBRE 2006 À 23:55

LOUIS SKORECKI

On disait il y a deux ou trois jours que ce film étrange relevait d'un nouveau genre, la science-fiction bricolée, ou plutôt domestique. Qu'il s'agisse de familiarité inquiétante, d'inquiétante étrangeté, ou d'autofiction sursaturée, le fait est que Peau de cochon ne ressemble à rien de connu. C'est un film sans queue ni tête, allégorique, trivial, symbolique, qui s'étire comme un chewing-gum trop mâché qu'on ne se résoudrait pas à cracher. Rappelez-vous Clothes Line Saga, cette chanson sublimement monotone de Dylan (période Basement Tapes), dans laquelle un jeune homme ne se résout pas à accrocher ses vieux vêtements sur une corde à linge. Le film de Philippe Katerine ne ressemble à rien sauf à ça.

Et Peau de cochon, demande le lecteur furieux, tu en parles ou quoi ? Décris le film, fais quelque chose, une fiche, je ne sais pas. Dans quelques jours, il n'y aura plus de Libé, alors dépêche-toi. Disons que c'est un film essoufflé, je dis. C'est tout ? dit le lecteur en colère. Il court après lui-même, c'est ce que je veux dire, je dis. Tu te fous de ma gueule ? dit le lecteur. Non, c'est un film difficile à décrire, je dis. C'est tout ? Il parle de merde et d'amour, d'enfance et de jalousie, de trains et d'hélicoptères, de routes nationales et de cimetières, un peu comme un tableau d'Yves Klein raconté par Borges. Tu te fous de ma gueule, c'est ça ? demande le lecteur. Non, je t'assure.

SKORECKI Louis

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