segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Peau de cochon (3)

7 NOVEMBRE 2006 À 23:59

LOUIS SKORECKI

On disait il y a cinq ou six jours que ce beau film relevait d'un nouveau genre, la science-fiction domestique. Qu'il s'agisse ici d'inquiétante étrangeté (comme on le dit, à tout propos, de films qui ne le méritent pas), ou plutôt de familiarité inquiétante, le fait est que Peau de cochon ne ressemble à rien. Rien de connu en tout cas. C'est un film d'autofiction aux couleurs sursaturées, un film onirique, sans queue ni tête, allégorique, trivial, qui s'étire comme un chewing-gum qu'on ne se résout pas à cracher. Seul le jeune Dylan, dans Clothes Line Saga (il se fait prier pour accrocher ses T-shirts sur la corde à linge) parvient à ce génie languissant, criard, enfantin, à la morbidesse monotone.

Et Peau de cochon, insiste le lecteur, tu en parles, oui ou non ? Dis quelque chose, fais une fiche cuisine, je ne sais pas. Dans quelques jours, il n'y aura plus de Libé, alors dépêche-toi.

Je baisse la tête, honteux de contribuer au déclin de mon journal. C'est un film essoufflé, je dis dans un souffle. Tu l'as déjà dit, dit le lecteur en colère. Il court après lui-même, il est dur à décrire, je dis. C'est tout ?

Il parle de merde et d'amour, de jalousie et d'enfance, d'hélicoptères et de trains, de routes et de cimetières, un peu comme un tableau de Klein raconté par Borges. Tu te fous de ma gueule ? dit le lecteur. Non, je t'assure. Il parle aussi de son lit. Mon lit, mon lit, il dit. Il dit aussi qu'il aurait pu décéder. Il ne dit pas «mourir», il dit «décéder».

(A suivre)

SKORECKI Louis

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