segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Peau de cochon (4)

17 NOVEMBRE 2006 À 00:07

LOUIS SKORECKI

On disait que ce film relevait d'un genre nouveau, la science-fiction domestique. S'agit-il d'inquiétante étrangeté ou de familiarité inquiétante ? Le fait est que Peau de cochon a des airs d'ovni, comme on le dit mal à propos de films qui ne le méritent pas. C'est une autofiction post-dadaïste aux couleurs sursaturées, un film trivial, sans queue ni tête, qui s'étire comme un chewing-gum d'amour qu'on ne se résout pas à cracher. Seul le jeune Dylan, après son vrai-faux accident de moto et sa cure de désintoxication, a réussi, dans Clothes Line Saga, ce genre de chef-d'oeuvre criard, endormi, enfantin, à la morbidesse monotone. Et Peau de cochon ?, dit le lecteur, tu en parles ou quoi ? Dis quelque chose, je ne sais pas. Fais une fiche-cuisine comme tout le monde, connard. Dis-toi que demain, avec ou sans Joffrin, il n'y aura plus de Libé et que ce sera de ta faute. Je baisse la tête, honteux d'être responsable du déclin de mon vieux journal. C'est un film essoufflé, je dis dans un souffle. Tu l'as déjà dit, petit con, s'énerve le lecteur. Le film court après lui-même, c'est dur de le décrire. Essaie quand même, tête de bite, insiste-t-il. Il parle d'enfants, d'amour, de merdes, d'hélicoptères, de cimetières. On dirait un Miró raconté par Borges. Philippe Katerine dit aussi «mon lit, mon lit». Il dit qu'il aurait pu décéder. Pas «mourir», «décéder».

SKORECKI Louis

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